Sortir la malbouffe des écoles: le bonheur des restaurateurs
Annoncé en grandes pompes en 2007 et appliqué dès janvier 2008, on pourra dire que le gouvernement Charest aura eu une idée noble en voulant interdire la malbouffe dans les écoles du Québec. Au revoir panure, boissons gazeuses, friture et autres sucreries; bonjour fruits, légumes!
Après plus d’une année, quel constat sommes-nous en mesure de faire?
Selon moi, il demeure plus facile de sortir la malbouffe de l’école que de la sortir de l’élève!
Même si je travaille en région depuis quelques années, la situation demeure toujours la même. Lorsque midi sonne à l’école, nous assistons à une sortie massive des élèves. Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils quittent l’école afin d’aller dîner chez McDonald’s, Subway, PFK et autres restaurants dispersés autour de mon lieu de travail!
Et que dire des dépanneurs qui sont bondés d’élèves le midi afin de leur vendre bonbons, croustilles et autres? (À ce propos, certains de ces établissements courus par les élèves doivent même faire travailler des employés supplémentaires pour être en mesure de faire face à l’affluence de clients scolaires à cette heure!)
Conséquence: la cafétéria de mon école est, au fil des mois, de moins en moins fréquentée par les jeunes, car ces derniers préfèrent aller se gaver de frites et autres aliments du genre au lieu de manger santé! Mis à part le fait que le restaurateur scolaire se meurt peu à peu, avons-nous réellement réglé le problème?
Au fil du temps, je ne suis pas le seul à douter de l’efficacité de cette politique-cadre puisque le gouvernement a annoncé il y a quelques mois, la mise en place d’un nouveau projet pilote visant également à lutter contre ce fléau: le zonage pour lutter contre la malbouffe. Ainsi, les restaurateurs ne pourraient s’établir près des établissements scolaires. L’idée semble bonne, mais je demeure sceptique, car…
1- …il est impensable de faire disparaître les commerces déjà en place autour de centaines d’écoles au Québec.
2- …depuis quelques années, nos écoles se vident ou ferment puisqu’il y a de moins en moins d’élèves, combien de nouvelles écoles naîtront au cours des prochaines années et auront la chance de profiter de ce règlement?
Encore là, je ne crois pas qu’interdire quelque chose à défaut d’éduquer les enfants soit la solution miracle à tous les maux de la société. À cet effet, l’éducation à une saine alimentation ne passe pas seulement par l’école, mais aussi par la maison.
Pour ma part, j’ai facilement réglé ce problème avec mes propres enfants en optant pour la bonne vieille solution que ma mère utilisait: le lunch! Oui, je dois avouer qu’il serait plus facile certains soirs de sortir 5$ que de prendre 15 minutes pour leur préparer tout cela. Cependant, il s’agit de la meilleure solution pour les inciter à manger santé puisque je sais que le matin, lorsqu’ils partent pour l’école, ils mangeront leurs portions de fruits, légumes, produits laitiers…
Simple, non?
MAJ - 15 mai 2009
Les villes qui participeront à ce projet-pilote sont maintenant connues: Gatineau, Lavaltrie et Baie St-Paul.
Détails ici.
Question: Vont-ils exproprier les restaurateurs déjà bien implantés près de ces écoles? L’histoire ne le dit pas encore…
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