Vaincre la mauvaise éducation par le modèle québécois
Je ne pensais pas du tout écrire de billet en ce beau (c’est vrai cette fois!) samedi matin! Mais cette nouvelle relatant les mésaventures d’un enseignant africain possédant 22 années d’expérience (et une maîtrise en physique) à qui on refuse le droit d’enseigner au Québec parce que l’on considère qu’il n’est pas «assez formé» ne peut me laisser indifférent!
À l’heure où il manque d’enseignants, où on en engage chaque année plus de 2000 qui sont «non légalement qualifiés», où le poseur de tapis du village peut remplacer un prof d’histoire (fait vécu!), on se permet de demander à cet homme d’aller suivre un cours de 450 heures de pédagogie à l’université?!?
Si les cours universitaires portaient ces titres, on pourrait vraiment considérer qu’ils peuvent servir à quelque chose:
SCE9999 - Désorganisation du système scolaire au Québec;
ESE3314 - Gestion d’un groupe-classe en dépassement d’élèves;
PSY7890 - Psychologie du nouveau modèle parental au cœur de l’abandon de la discipline familiale;
SCE5678 - Évaluation de l’incompétence;
MUL7893 - Utilisation du multimédia au quotidien et pédagogie de l’image.
Mais non! Ce n’est malheureusement pas le cas!
Je pourrais vous faire un résumé de ce qui m’a réellement servi dans toute ma formation universitaire suivie à l’UQAM il y a plus de 10 ans:
1- Mes stages.
Fin de la liste!
Pour le reste, j’aimerais vous dire que mes fameux cours de «pédagogie» m’ont vraiment été bénéfiques. Mais ce n’est pas le cas. Je ne pense pas que de demander à des étudiants de consacrer 5 heures de leur temps à la préparation d’une période de 75 minutes étape par étape soit quelque chose d’utile et de réalisable au quotidien lorsque ces derniers seront des enseignants. Sauf si ceux-ci désirent par la suite arrêter de profiter de la vie et dédier tous leurs temps libres à leur profession. Désolé de vous décevoir, mais, pour ma part, si c’était le cas, je serais en ce moment même missionnaire dans un pays défavorisé!
Le récit invraisemblable de cet homme nous prouve encore une fois combien nos grands penseurs de l’éducation au Québec sont déconnectés de la réalité scolaire!
Nous ne cessons de parler des méfaits de la réforme, mais je crois assurément que le seul problème va bien au-delà de cela.
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C’est vrai que le système n’aide pas les professionnels formés dans d’autres pays à pratiquer leur profession ici, peu importe la spécialisation. Par contre, sans obliger ces enseignants à se taper 450 heures de pédagogie merdique à l’université, pourquoi ne pas les obliger à suivre un stage (dans un école, un camp de vacances, en quelque part où il y a des enfants et des ados) pour qu’ils soient confrontés à la culture de notre pays. À mon école, chaque fois qu’un enseignant venant d’outre-mer débarque comme suppléant à sa première expérience, il en ressort traumatisé. T’as beau avoir tous les diplômes du monde, si tu n’es pas à l’aise avec la culture d’un peuple, t’es mieux d’y penser 2 fois avant de te lancer dans la faune scolaire québécoise!!
En passant, pour l’UQAM, je suis totalement d’accord avec toi. J’ai appris à jouer aux cartes (au 500) pendant les 4 ans et des peanuts de mon bac en enseignement des maths au secondaire. Heureusement qu’il y avait les stages!!
Une petite immersion en école québécoise serait une bonne idée, mais pour le reste… Mon bac en éducation fut al preuve par 100 que les cordonniers sont mal chaussés. Une perte de temps. À part les stages.
Bonjour Charles Samares !
Je viens de découvrir ton blogue, je me suis promise de l’explorer plus à fond en le mettant dans mes favoris
Particulièrement en ce début d’exploration, le présent billet publié samedi dernier m’a fait réagir fortement!!!! Il est très évident pour moi que le cas dont tu parles, cette personne qui possède une maîtrise en physique ne me donne pas l’assurance qu’elle soit en mesure d’enseigner de manière compétente à des adolescents les sciences et technologies au secondaire. Il ne faut pas juste savoir les choses pour être en mesure de bien les enseigner. Non? C’est comme si tu disais que tous ceux qui ont un baccalauréat dans une discipline acdémique qui est présente dans la grille-matière au secondaire telles biologie ou anglais pourraient aisément enseigner aux ados? Désolée d’en douter!
Contrairement à ceux qui ont répondu à ton billet, mes cours de didactique et de pédagogie à l’Université de Sherbrooke m’ont été la plupart extrêmement utiles, sans parler des nombreux stages! Selon moi, ces cours ont été absolument nécessaires pour me donner une base! Surtout ceux de didactique! Quelle folie lorsque l’on débute dans la profession!!! Sans ces repères, j’aurais tout laissé tombé la première année!
Deuxièmement, même si cette personne possède 22 années d’expériences, c’est dans un contexte africain. Notre manière d’éduquer nos jeunes, la réalité des ados québécois, les finalités que nous attribuons à l’éducation, le fonctionnement même de notre système scolaire, le travail au quotidien des enseignants, etc. Tout ceci c’est sûrement très différent de ce que connaît la personne. Il faut qu’elle apprenne ces différentes dimensions québécoises.
Alors, quelques cours à l’université tout en enseignant, pourquoi pas? Je suis entièrement d’accord! D’ailleurs, l’idée du stage est excellente!!!
@L’enseignante: Je n’irais pas jusqu’à dire que toute personne possédant un baccalauréat dans une discipline académique enseignée pourrait enseigner…
Par contre, j’observe, au fil des ans, les personnes sans aucune expérience (mise à part leurs propres années d’élève au secondaire) qui sont engagées et je me dis que cet homme a déjà une longueur d’avance sur certain(e)s de mes collègues «non légalement qualifiés»(sans rien enlever au bon travail accompli par la plupart de ces gens)…
Intéressant débat. C’est à la source qu’il faut aller constater plusieurs des lacunes du système éducationnel québecois. En réponse à cette enseignante de l’UQAS, je dirais que j’ai eu maintes fois l’occasion d’observer des différences importantes entre l’université où vous avez été formée et celle de l’UQAM, par exemple. Selon mon expérience, Sherbrooke offre la meilleure formation, suivie de Québec, et de Trois-Rivières.
Vous pouvez lire comment j’en suis venue à cette constatation en lisant le billet qui a pour titre Entrevue pré-embauche sur http://www.mariellepotvin.wordpress.com