Informatique Power Trip: on arrête le progrès!

tenir-le-pouvoir-entre-ses-mains«Un enseignant reçoit une sanction disciplinaire pour avoir utilisé son propre ordinateur portable à l’école.»

Eh oui! Vous ne rêvez pas! Nous sommes en 2009 et on peut affirmer haut et fort que certaines écoles au nord de ma commission scolaire ne craignent pas de se couvrir de ridicule!

Car, voyez-vous, pour nous, enseignants, selon une obscure et inutile politique «commiscolairienne», il est interdit d’amener ce dangereux armement qui pourrait mettre en péril tout l’équilibre du système éducationnel québécois! Qu’il soit branché sur le réseau ou non (comme c’était le cas dans ce que je vous rapporte)! On peut laisser les élèves utiliser des ordinateurs sans supervision, mais si ce sont des enseignants, le danger nous guette!

Alors que l’on fait état dans certaines revues du virage technologique pris par des établissements scolaires et que l’on se questionne sur le conformisme dépassé de nos commissions scolaires sur certains blogues (ou celui-ci), sans contredit, on peut dire que la situation que je vous décris ne s’avère point un pas dans la bonne direction.

À mon grand désarroi, de ce que je vois, certaines écoles sont aux prises avec du matériel qui n’est malheureusement pas de fraîche date.

Pourquoi se servir d’un vieil ordinateur d’une lenteur indescriptible quand on peut amener à l’école puis utiliser son propre instrument plus performant?

Pourquoi préparer sa présentation PowerPoint en ayant recours à une version dépassée du logiciel lorsqu’on a à la portée de sa main la plus récente?

Par mesure d’accommodements raisonnables.

Accommodements raisonnables?!?

Comprendre: accommoder tous les gens associés au service des technologies de l’information de la commission scolaire. Bureaucratie, quand tu nous tiens!

Par exemple, des techniciens en informatique sont assignés à toutes les écoles. Ainsi, si un problème survient (bris d’imprimante, de moniteur…), nous pouvons facilement nous y référer en cas de pépin.

Mensonge! Nous ne pouvons adresser directement une demande à un technicien: il faut absolument que cette dernière soit envoyée à la commission scolaire d’abord même si celui-ci est devant nous et libre. Le directeur du service veut garder le contrôle sur ce qui se fait dans son parc informatique. Donc, première difficulté.

Deuxième difficulté, certains collègues malchanceux se heurtent à un technicien particulièrement zélé dans leur école (fort heureusement, ils ne sont pas tous ainsi!) qui règne en roi et maître et qui semble croire qu’ils ont droit de vie ou de mort sur les besoins techniques et technologiques des enseignants.

Au menu des sanctions en cas de mésentente avec celui-ci:

- Attente interminable pour le remplacement de matériel défectueux;
- Accès difficile à certains sites Web (ce n’est déjà pas une tâche facile d’obtenir la permission d’accéder aux dangereux Youtube et Daily Motion!);
- Chasse aux enseignants sorcières sans merci qui ont la chance d’avoir leur propre équipement dans le but de l’utiliser en classe (comme le cas évoqué dans ce billet)…

On ne se facilite pas la tâche dans notre désir de prendre le virage technologique lorsqu’on voit que ceux qui ont la malchance d’être un peu trop à la fine pointe sont ainsi traités.

Définitivement, on arrête pas le progrès!

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10 commentaires

Gilles Jobin
4 nov 2009 à 08:03

Qu’en serait-il si dans les aéroports, les hôtels, etc. on devait laisser notre ordi à la porte ?
Sécuriser un réseau semble bien difficile dans certaines CS. Il y a une certaine paranoïa autour de la corruption des données. Une solution (mais je ne suis pas spécialiste réseau) consiste à SÉPARER le réseau “service éducatif” du réseau “administratif” et donner full contrôle au service éducatif de sa gestion réseautique en embauchant, par exemple, des techs mentalement «proche» de la pédagogie.

Questions :
1- Quelle fut la sanction ?
2- Dans quelle CS a-t-on un tel règlement ?


 
Charles Samares
4 nov 2009 à 08:14

J’ignore encore qu’elle sera la teneur réelle de la sanction. J’imagine qu’il s’agit d’une note au dossier de l’enseignant demeurant en vigueur durant 3 mois et entraînant une suspension de ce dernier en cas de récidive. Je m’informe.

Pour ce qui est de la commission scolaire en question, je ne veux pas être accusé de mener une campagne de dénigrement sur ce blogue: je tairai donc son nom!


 
Marielle Potvin
4 nov 2009 à 08:35

Je vais te dire, Charles, des fois , je trouve que tu chiales pour rien…
Mais là …


 
Jyaire
4 nov 2009 à 08:43

Effrayant cet article !
Pour ma part, j’apporte chaque jour mon ordi portable en classe pour le coupler au rétro-projecteur de mon école, et je ne sais comment je pourrais faire classe sans mon matériel personnel.

Ne s’agit-il pas de la part de vos institutions d’un problème juridique ou d’assurance ? (s’il arrive un pépin au matériel de l’enseignant, ce-dernier ne risque-t-il pas de demander des comptes à l’institution ?)


 
Richard Raymond
4 nov 2009 à 10:08

Oh là là! C’est tout un débat qu’il reste à faire. Contrôler ou éduquer? Sécurité versus ouverture vers le web 2.0? Je suis un technicien qui travaille pour la première fois dans une CS et oui, on m’a formé dans un CEGEP au concept de la sécurité avant tout et dans la mesure du possible, l’uniformité des équipements pour en faciliter la gestion. Vraiment pas facile ces questions mais je penche définitivement sur le bord de l’ouverture car nous devons absolument faire évoluer nos attitudes pour mieux servir la clientèle que sont nos élèves. Les techniciens doivent être sensibilisés et formés autant que les profs aux nouvelles façons d’utiliser les TIC


 
Sylvain
4 nov 2009 à 10:11

Quand je me (ma CS) regarde, je me désole…
Quand je me compare, je me console…

On a nos barrières ici, mais JAMAIS de telles stupidités.

On paye nos propres ordis portables, qu’on utilise professionnellement, et ce, sans déduction d’impôt, alors que le bûcheron peut déduire sa scie mécanique, le musicien ses instruments de musique (même formulaire pour l’impôt !)… et en plus, faudrait se voir interdit d’utiliser son propre portable ?!?!?

NON-SENS ABSOLU, point final ! Il est temps que l’on monte aux barricades et qu’on dénonce la stupidité humaine causée par ce powertrip absolument indescriptible !


 
Charles Samares
4 nov 2009 à 14:36

@Marielle: «Je vais te dire, Charles, des fois , je trouve que tu chiales pour rien…»

C’est un compliment? :P

Je crois qu’on pourrait voir ça comme du «chialage», mais je préfère considérer le tout comme de la dénonciation d’absurdités! ;)


 
Marielle Potvin
4 nov 2009 à 15:07

Mais je ne parle pas de ce billet…
Au contraire, ici, j’approuve totalement ta démarche. Je faisais allusion au fait que parfois tu chiales, mais ça, c’est toi-même qui le dit ! ;-)


 
Charles Samares
4 nov 2009 à 15:09

@Jyaire:

Sincèrement, je ne crois pas que ce soit une question d’assurances. Certains enseignants de la CS ont déjà été victimes de vol de matériel personnel (souris, clés USB, disque dur externe…) et on leur a bien rappelé que l’école ne pouvait en être tenue responsable et qu’ils devaient eux-mêmes absorber les dépenses engendrées!


 
 

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Copyright © 2010 Charles Samares - Blogue d’un enseignant au secondaire. Thème inspiré de Laptop Geek. Traduction WordPress tuto.